En 2025, Andrej Karpathy, ex-directeur de l'IA chez Tesla et co-fondateur d'OpenAI, a posté un tweet qui a mis le feu à tout le secteur tech.
Il décrivait sa nouvelle façon de coder : plus vraiment lire le code, juste décrire ce qu'il voulait, laisser l'IA générer, et itérer jusqu'à ce que ça marche.
Il a appelé ça le "vibe coding".
Depuis, le mot est partout.
Et avec lui, une question qui obsède les managers IT et les recruteurs : si l'IA peut coder à la place du développeur, à quoi sert encore le développeur ?
Mauvaise question !
La vraie, c'est celle-ci : si n'importe qui peut faire générer du code, à quoi sert encore le recruteur qui ne sait pas évaluer autre chose ?
1. Ce que le vibe coding a vraiment changé (et ce qu'il n'a pas changé)
Soyons précis. Le vibe coding, c'est écrire du code principalement en prompts, sans forcément comprendre chaque ligne produite.
L'IA génère, le dev orchestre, corrige, itère.
En 2026, 92 % des développeurs utilisent des outils IA au quotidien.
Un junior bien calibré peut produire en une journée ce qui prenait une semaine il y a trois ans.
Ce que ça change : la vitesse de production de code brut.
C'est réel. C'est énorme !
Ce que ça ne change pas :
- la capacité à comprendre ce que l'IA génère.
- La capacité à détecter quand elle se plante.
- La capacité à prendre une décision d'architecture qui tient sur cinq ans.
- La capacité à déboguer à 23h un système en prod qui s'effondre, sans avoir une IA qui te tient la main.
Le code n'a jamais été la compétence. C'était déjà l'outil. Le vibe coding le rend juste plus évident.
2. Pourquoi le code généré ne dit plus rien sur le développeur
Voilà le problème concret pour un recruteur ou un manager : si un candidat te soumet un projet GitHub en 2026, tu ne sais pas ce qu'il a réellement écrit, compris, ou simplement fait générer et copier-coller.
Le CV technique classique est mort une première fois avec l'automatisation des candidatures.
Il vient de mourir une deuxième fois avec le vibe coding...
Un test technique ? Facile à faire passer à une IA dans 80 % des cas.
Un QCM sur les technos ? Inutile.
Une grille de compétences basée sur les langages maîtrisés ? Elle mesure la prochaine chose que l'IA rendra obsolète dans six mois.
Le recruteur qui continue d'évaluer un dev sur "combien de langages il connaît" ou "est-ce qu'il peut écrire une fonction de tri à la main" est en train d'évaluer la mauvaise chose.
Il recrute pour hier.
3.Ce qu'il faut maintenant évaluer
Le bon développeur en 2026, c'est celui qui sait ce que l'IA ne peut pas décider à sa place.
Premier critère : le jugement architectural.
Est-ce qu'il comprend les conséquences d'un choix technique sur deux ans ?
Est-ce qu'il sait quand ne pas utiliser une solution que l'IA vient de lui proposer ?
C'est ce qu'on explore en entretien : pas "écris-moi une API", mais "j'ai ce contexte produit, quelle approche tu évites et pourquoi ?"
Deuxième critère : la lisibilité du raisonnement sous pression.
Le vibe coding produit du code qui fonctionne.
Il produit rarement du code que quelqu'un d'autre peut maintenir.
Le dev qui sait produire et expliquer, qui documente ses choix, qui rend son travail lisible pour une équipe : c'est ce profil qui crée de la valeur durable.
Troisième critère : la capacité à détecter les hallucinations. L'IA se trompe.
Elle produit du code plausible, syntaxiquement correct, et fonctionnellement faux.
Le dev qui ne le voit pas est un risque opérationnel. Celui qui le détecte systématiquement est une garantie.
Ce sont ces trois dimensions que nous explorons chez Zenith avant de présenter un profil. On ne demande plus "quelles technos" mais "raconte-moi la dernière fois que l'IA t'a induit en erreur, et comment tu l'as détecté."
4. Ce que le développeur doit apprendre à vendre différemment
Si tu es dev et que tu lis cet article : ton avantage concurrentiel ne vient plus de ce que tu sais coder.
Il vient de ce que tu sais penser autour du code.
La question que tu dois être capable de répondre en entretien n'est plus "montre-moi ton code".
C'est "explique-moi une décision que tu as prise contre l'IA, et pourquoi tu avais raison."
Ton portfolio doit évoluer. Les projets comptent moins que les post-mortems.
Les commits comptent moins que ta capacité à documenter un arbitrage technique difficile. Vends ta pensée, pas ta production.
Et si tu n'as pas encore cette habitude : commence maintenant.
Pas parce que c'est ce que les recruteurs veulent entendre. Parce que c'est ce qui te rendra irremplaçable dans un monde où le code se génère.
Le vibe coding ne signe pas la mort du développeur.
Il signe la mort du développeur qui n'a jamais vraiment compris ce qu'il faisait.
Et il signe aussi, progressivement, la mort du recruteur IT qui continue d'évaluer une techno au lieu d'évaluer un cerveau.
Chez Zenith, on a fait le choix de recruter des cerveaux.
Les claviers, l'IA s'en occupe très bien maintenant.



